Le meilleur et le pire

Rédigé par Sylvie PTITSA Aucun commentaire
Classé dans : Actu, Textes d'autres plumes Mots clés : aucun


" Le libéralisme économique (...) se révèle comme une idéologie en faillite. Son laisser-faire a déterminé des réussites partielles, mais a provoqué plus d'appauvrissements que d'enrichissements. Sous son égide, la mondialisation, le développement, l'occidentalisation - trois faces du même phénomène - se sont montrés incapables de traiter les problèmes vitaux de l'humanité. (...)

Nous devons prendre conscience que la mondialisation constitue à la fois le meilleur et le pire de ce qui a pu advenir à l'humanité.

Le meilleur, parce que tous les fragments de l'humanité sont pour la première fois devenus interdépendants, qu'ils vivent une communauté de destin qui crée la possibilité d'une Terre-Patrie, laquelle, répétons-le, loin de nier les patries singulières, les engloberait.

Le pire, parce qu'elle a donné le départ à une course effrénée vers des catastrophes en chaîne. L'essor incontrôlé des pouvoirs manipulateurs et destructeurs de la science et de la technique, le déchaînement tous azimuts de l'économie de profit ont engendré la prolifération des armes de destruction massive et la dégradation de la biosphère, cependant qu'aux totalitarismes du XXe siècle ont succédé la tyrannie d'un capitalisme financier qui ne connaît plus de bornes, soumet Etats et peuples à ses spéculations, et le retour de phénomènes de fermeture xénophobe, raciale, ethnique et territoriale. Les ravages conjugués d'une spéculation financière et de fanatismes-manichéismes aveugles amplifient et accélèrent les processus annonciateurs de catastrophes.

Nous devons en même temps prendre conscience que si le développement à l'oeuvre aujourd'hui dispense des prospérités "à l'occidentale" à une fraction des populations du monde, il a aussi produit d'énormes zones de misère et sécrète en soi de gigantesques inégalités.(...)

Ayons conscience du moment dramatique que nous vivons pour l'espèce humaine, de ses ambivalences, de ses risques et périls, mais aussi de ses chances."


Edgar MORIN et Stéphane HESSEL
"Le chemin de l'espérance", 2022


Je ne veux pas pour toi

Rédigé par Sylvie PTITSA Aucun commentaire
Classé dans : Textes d'autres plumes Mots clés : aucun


Je ne veux pas pour toi les déchirures des ronces
Ni les étangs glauques des illusions ou l’on s’enfonce
Efface de ton âme les noirs tourbillons
Une étoile flamboie au milieu de ton front


Abandonne les cauchemars au fond de leur nuit
L’amertume blême de la tristesse est un désert
Je veux un ciel clair et des poitrines au cœur chantant
Des poumons vibrant comme des arbres en plein vent


Je ne veux pas pour toi l’ombre portée de la souffrance
Sur le pur visage embué de ton enfance
Arrache de toi les barreaux de la cage
Le fardeau de douleur est un trop lourd bagage


La vie est là qui frémit et palpite dans là sève
Chaude vie plus forte que les illusions
Une vie jamais vécue voilà ce que je veux
Où les oiseaux viennent chanter dans tes cheveux


Je ne veux pas pour toi l’étendue du dérisoire
Ni les lèvres murées par tant de pierres noires
Tu as trop arpenté déjà les labyrinthes du malheur
Pour qu’enfin ton cœur soit parsemé de fleurs.


Jacques VIALLEBESSET

"L'écorce des coeurs"


Ô lumineux matin

Rédigé par Sylvie PTITSA Aucun commentaire
Classé dans : Textes d'autres plumes Mots clés : aucun


Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long.

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, œil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux.

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons.

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
— Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…


Anna de Noailles

"Le Cœur innombrable"


Inextinguible

Rédigé par Sylvie PTITSA Aucun commentaire
Classé dans : Textes d'autres plumes Mots clés : aucun


Beau est Le monde malgré la nuit
secrète ta propre lumière
intense
Malgré l’opacité
du silence
Il y aura toujours
éphémère
cette chance
de se nourrir d’espérance
Ni la démence ni le sang
avec leur laideur et leurs transes
n’éteindront le chant
de l’oiseau
au soleil levant

                                                 Kamal ZERDOUMI

                 

Fil RSS des articles de cette catégorie