Don't worry, be happy !
"In every life we have some trouble
If you worry, you make it double !
So don't worry, be happy !"
"In every life we have some trouble
If you worry, you make it double !
So don't worry, be happy !"
Plus j'avance en âge, plus je suis lente. Non pas que mon corps fatigue, mais parce que j'apprécie de prendre mon temps, simplement. Et s'il y a bien un moment où j'ai besoin d'aller lentement, c'est au réveil. L'agenda de mes nuits doit être tellement plein que le matin, j'ai l'impression d'avoir déjà une journée de travail intense derrière moi. Il me faut deux ou trois cafés dans le calme pour mettre mes moteurs en route. Et, tous mes proches le savent, il ne faut surtout pas m'adresser la parole avant le 2e ou 3e café, sous peine de n'obtenir en réponse que des grognements ou, pire, de me mettre en pétard pour le reste de la journée. Une fois que j'ai pris le temps, tout va bien, je redeviens la pétillante lutine épicurienne que vous connaissez ! En italien on dit : "Qui va piano va sano" (private joke familiale : ma mère avait essayé d'apprendre quelques proverbes italiens à mon père, qui collait systématiquement le début le l'un avec la fin d'un autre. De toute façon, la lenteur était un concept inconnu dans le référentiel de mon père, aucune chance qu'il mémorise ce proverbe-là!) Même mon ordinateur m'approuve : depuis des jours, il m'affiche en fond d'écran aléatoire une tortue sous l'eau. Alors si vous aussi, vous êtes une tortue, surtout au réveil, faites comme moi ce matin : allez-y "despacito !". J'adore ce duo et sa capacité d'auto-dérision décomplexée. Passez un bon dimanche... piano e sano ! |
Je ne suis pas riche de beaucoup de choses matérielles. Je n'ai besoin ni de bijoux, ni de sacs à mains, ni de chaussures, ni de maquillage. Je n'ai pas besoin de meubles précieux, d'une voiture de marque ou du dernier smartphone high tech. Pendant la pandémie où je me suis retrouvée presque 3 ans sans travail, il m'est arrivé de devoir choisir entre payer mes courses ou aller chez le médecin. Mais j'ai la chance (ou je me suis donné la chance) de posséder en abondance quelque chose de rare, presque un luxe pour la plupart des gens : le temps.
Rien n'est pire pour moi que d'ouvrir mon agenda et de voir une (ou plusieurs !) journée(s) bourrée(s) jusqu'à la gueule. Ca me donne l'impression de suffoquer. Non que je sois inactive, mais parce que j'ai besoin d'avoir, dans chacune de mes journées, un espace de liberté, un moment d'imprévu. Quelque chose qui donne du jeu et de la souplesse à mon quotidien et me permette d'en décaler les impératifs pour des choses aussi essentielles que voir ou appeler un ami(e), écouter mon fils me raconter sa journée, cuisiner quelque chose de bon, remercier les arbres en fleurs sous mes fenêtres d'être aussi beaux, petit-déjeuner avec les oiseaux, contempler le coucher du soleil.
Quelque chose comme une bulle d'oxygène qui aère ma vie et me retient de la passer à courir (après quoi ?...), parce que j'ai trop conscience que je n'emmènerai de l'autre côté ni sac, ni bijoux, ni smartphone, ni voiture, ni même mon travail ou mes oeuvres, mais uniquement la qualité de présence que j'aurai donné à la vie d'ici, aux êtres d'ici.
Alors forcément, quand j'ai entendu cette chanson, je ne pouvais qu'adhérer. Gardons du temps pour ce et ceux qui nous sont "importemps" !
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De Richard Cocciante, on connaît souvent des chansons comme "Marguerite" ou "Le coup de soleil". Pour ma part, je leur en préfère une autre dont j'avais parlé dans un article précédent. Grâce à mon amie Marina, j'ai découvert "Tellement" que je ne connaissais pas du tout et je trouve que son interprétation la sublime encore. Marina n'est pas chanteuse professionnelle et son matériel ne l'est pas non plus. Mais chaque fois que je l'écoute chanter ce texte, malgré la mauvaise qualité du son et la fin coupée, j'ai les poils qui se dressent. Vous pouvez l'entendre ici et écouter Marina sur sa chaîne You Tube : "L'Echo des Six Reines" . Ci-dessous le texte, je ne sais pas si R. Cocciante en est uniquement l'interprète ou aussi l'auteur. |
Malgré les tentations |
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On est toujours libre de la réalité qu'on (se) crée. Je le vérifie de plus en plus. La psychologie ou la physique quantique, par exemple, expliquent que modifier ses pensées, changer son système de croyances, a un impact sur la réalité que nous expérimentons. Même sur cette réalité apparemment solide et inerte que nous nommons "concrète", et qui n'est, finalement, qu'un vaste champ d'énergie constitué de particules en mouvement (je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, mais c'est ainsi que je me le représente).
On peut, bien sûr, rester toute sa vie au rez-de chaussée du château (pour reprendre ma métaphore d'un autre article "Où commence la fiction, où finit la réalité ?"). 9 milliards de bipèdes dans un studio bondé en surchauffe. Si on s'y sent bien, pourquoi pas ? On peut aussi (c'est l'option la moins coûteuse) redécorer le studio : s'acheter le dernier gadget à la mode, s'étourdir de distractions, s'abrutir dans le travail ou d'une autre façon. Peu nombreux, finalement, sont ceux qui vont jusqu'à supposer l'existence d'autres pièces habitables. Ou, plus aventureux encore, jusqu'à déménager (c'est-à-dire s'établir dans d'autres réalités, en ne gardant celle d'ici que comme une télévision ou un cinéma. Et quand on voit ce qui s'y diffuse... a-t-on vraiment envie de ne regarder que ça ? Moi pas !).
Ne pas modifier ses croyances revient un peu, de mon point de vue, à vouloir porter toute sa vie les mêmes vêtements ou les mêmes lunettes. C'est possible, mais inconfortable. Tôt ou tard, un désajustement s'installe et l'irritation grandit. Pourquoi attendre l'inflammation pour se résoudre à changer ? Parce que souvent, le gardien du seuil, le "Besserwisser", comme je l'appelle, se battra bec et ongles pour maintenir en place le statu quo. C'est son job, et il le fait avec un zèle presque vindicatif. Je peux en parler avec d'autant plus de conviction et d'humour que mon Besserwisser à moi est très costaud et qu'il faut en général plusieurs bonnes grosses baffes successives pour le déboulonner.
Si j'écris, c'est peut-être pour déboulonner d'autres Besserwisser zélés, pour ouvrir d'autres perspectives. "Le coquelicot qui se sentait tout seul" et "Plus seul du tout" parlent de notre relation à la nature, à l'environnement. "Le Joyau", "Histoires à grandir debout", parlent de notre libre-arbitre. "D'est en ouest", "Par la fenêtre", parlent de la résilience, de la possibilité de renaître après une épreuve. "Elastique", "La belle entente", parlent de notre rapport à la séparation mais aussi, plus largement, à ceux que je nomme "les vivants de la pièce d'à côté." Lire un extrait / Ecouter "Elastique"
Pour moi, écrire n'est ni un gagne-pain, ni une mode, ni un exercice de style, ni un jeu. Même si je suis une maniaque de l'esthétique et que je peux réécrire une phrase vingt fois parce que je chipote sur une virgule (je ne trouve pas sa cadence ou sa mélodie juste), ce qui m'importe, c'est d'abord et surtout de créer l'espace d'une discussion, d'ouvrir ensemble un autre possible... ou mieux : plusieurs !
Même si j'y arrive par d'autres chemins et que je le formulerais avec d'autres mots, je rejoins Einstein dans sa lettre inédite à sa fille Lieserl : "J'ai atteint l'ultime réponse". Je n'ai pas d'ultime réponse. J'ai seulement plusieurs interprétations du réel (ou plusieurs réels) possibles, et lorsque j'hésite, je choisis toujours, en définitive, celle qui me rend la plus heureuse. C'est là mon ultime réponse. |

J'adore le travail de ce peintre ! D'autres toiles sur son site : https://dimadmitriev.com/