Laure Talavet-Omont en parlait dans son interview (
c'était ici) : chacun de nous peut agir à sa mesure sur les changements économiques et sociétaux, à travers les choix qu'il pose en tant que consommateur.
A l'échelle planétaire, notre place est minuscule, dérisoire même ; pourtant, multiplié par autant d'individus, notre pouvoir décisionnel a du poids dans la balance.
Comme Laure, je pense qu'on ne peut être exemplaire en tout et qu'il est plus réaliste de se demander : où sont mes priorités ? Quels efforts suis-je prêt(e) à faire ? Sur combien de temps ? Où cela fait-il sens pour moi de m'engager, de me positionner ? A quoi suis-je prêt à renoncer, et quelles en seront aussi les contreparties positives pour moi ?
Quand l'hébergeur de mon site internet a été racheté, l'hiver dernier, par une plate-forme dont je n'aimais pas les valeurs ni les méthodes, j'ai préféré les quitter pour une autre, même s'il m'a fallu des mois pour
la trouver et maîtriser les compétences requises.
Quand le site qui sauvegardait mes données en ligne a crashé, là encore, j'ai cherché une autre plate-forme, plus éco-responsable, plus éthique, et j'ai trouvé
Infomaniak, dont je suis très satisfaite.
Comme l'héroïne (réelle) de "
D'est en ouest" (2011), j'ai rebâti, remanié, refondu, refondé... en mieux.
A bien des égards, je ne me trouve pas exemplaire, il y a tant de domaines où j'estime que je pourrais ou aurais pu mieux faire. Mais ce que je pouvais faire, au moins en partie, je ne l'ai pas laissé au conditionnel : je l'ai fait.
Depuis 2024, j'ai la chance, la joie et la fierté de travailler pour NYKI (Now You Know It !), une structure de soutien scolaire dont le fonctionnement diffère du modèle économique "standard" à bien des points de vue.
J'ai découvert Nyki et sa jeune fondatrice, Laure Talavet-Omont, à travers une offre d'emploi en ligne dans un premier temps, puis des échanges autour de l'accompagnement des premiers élèves qu'ils m'ont confiés, enfin d'une rencontre en toute simplicité.
D'emblée, j'ai été conquise par l'enthousiasme communicatif de Laure, sa bienveillance, sa droiture, mais aussi la profondeur et la maturité de sa réflexion.
Nyki et Laure ont considérablement fait évoluer ma représentation du monde de l'économie et des entreprises, que je voyais comme une jungle compétitrice, inégalitaire et sans humanité. Au contraire, le maître mot chez Nyki est "respect" : des enseignants, des élèves, des familles, des partenaires de la structure au sens large...
Pour autant, Nyki n'est pas une association de bénévoles ou une oeuvre de charité, c'est une véritable entreprise, dynamique, innovante, intelligente, à laquelle je suis heureuse d'apporter ma contribution et mon soutien.
Nyki me permet de mettre mes compétences pédagogiques au service d'une structure en accord avec mes propres valeurs, ce qui est essentiel pour moi, mais bien plus encore : non seulement je me sens appréciée, reconnue et utile, mais j'ai conscience d'apporter ma pierre à un autre modèle économique que celui de la "jungle" dominante, avec laquelle je ne me sens décidément toujours pas en affinité. Un modèle récent, certes, mais possible et vertueux, qui n'a rien d'une utopie puisque je l'incarne, aux côtés d'autres acteurs, quotidiennement et avec succès. Ainsi, je me sens à ma juste place dans cette entreprise, que ce soit à titre personnel ou collectif.
Initialement, je voulais interviewer Laure sur ma chaîne You Tube, mais une journaliste l'a fait dans une émission de radio, et ce podcast balaye la quasi-totalité des points que j'aurais abordés moi-même.
Je relaye donc ici l'entretien entre Laure Talavet-Omont et Anne-Claire Delval dans " Eclats de voix ", le lien direct vers le podcast complet est sous la photo, avec quelques autres.
"Le bien et le mal… de quoi parle-t-on exactement ?
Il y a plusieurs dizaines d’années, être enceinte, pour une fille hors mariage, sans fiancé, et même si elle avait subit un viol… c’était mal.
Le regard que la société porte désormais sur une telle situation n’est plus le même.
Donc qu’est devenu le mal d’hier ?
Peut être un peu plus de compréhension, d’empathie ?
Dans ce monde étrange, bizarre, tordu, il faut réussir à voir les avancées.
L’humain est ainsi fait que nous avons tendance à oublier certaines choses qui nous semblent évidentes aujourd’hui, mais qui étaient il y a plusieurs dizaines d’années considérées comme mal ou bien. Comme des maladies mentales (l’homosexualité par exemple, que l’OMS en 1990, a enlevé de la liste des maladies mentales), ou encore comme des évidences : …. Les bébés ne souffrent pas, au motif que leur système nerveux était immature. Croyance jusque dans les années 1980…
J’arrête là car la liste serait trop longue !
Mais il est intéressant de temps à autre de se retourner et de voir l’évolution.
Il y a 25 ans, quand je parlais de contes philosophiques et du livre « La princesse et la bergère et deux autres contes » sur trois sujets importants : le bonheur, le deuil, la confiance en soi, j’avais régulièrement cette réflexion : mais… vous pensez que les enfants vont comprendre ?
Il est évident qu’en 25 ans le regard sur les enfants a changé.
Donc oui, nous vivons dans un monde bizarre, en constante évolution, des fois presque désespérant … mais un monde qui malgré tout avance dans sa compréhension de l’autre, dans son empathie.
Ces avancées sont lentes à l’échelle d’une vie humaine, mais pas si lentes à l’échelle de la société en fin de compte.
Gardons espoir !!"
Infolettre des Editions pour Penser