Côte à côte (suite)

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Côte à côte

 

Je poursuis le défi d'écriture que je me suis lancé à moi-même (oui, je suis assez zinzin pour me défier moi-même, et pendant les vacances !). Il consiste à écrire plusieurs textes d'après une même image, sous un titre commun : "Côte à côte".

J'en avais déjà écrit deux et cette plage aux parasols jaunes agit sur moi comme une malle aux trésors  : elle m'inspire une foule de situations et de personnages différents, comme une scène de théâtre où se succèderaient des saynètes, des tranches de vie miniaturisées.

Je vous laisse découvrir les suivants. Je m'amuse comme une petite folle et j'espère que vous aussi, à me lire. Ca va devenir mon feuilleton de l'été... Comme on dit au cinéma : "Toute ressemblance avec des personnes réelles serait purement fortuite". Ou pas ?...

 

Côte à côte

 

Côte à côte (1)

Côte à côte (2)

Côte à côte (3)

Côte à côte (4)

Côte à côte (5)

Côte à côte (6)

Côte à côte (7)

Côte à côte (8)

Côte à côte (9)

Côte à côte (10)

Côte à côte (11)

Côte à côte (12)

Côte à côte (13)

Côte à côte (14)

Côte à côte (15)

Côte à côte (16)

Côte à côte (17)

Côte à côte (18)

Côte à côte (19)

Côte à côte (20)

Sept vies ou une seule ?

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Sept vies ou une seule ?

Peinture de Marie-Christine HOLODENKO-MORISOT

  

D'après une croyance populaire, les chats ont 7 vies. Les humains, une seule. Aujourd'hui, en fin d'après-midi, profitant d'une éclaircie  entre deux averses (enfin !), je suis sortie marcher dans la nature, derrière chez nous. Le vent soufflait très fort. J'adore le vent. Mais... entre l'aller et le retour, sur le chemin que j'avais suivi, il avait cassé une branche. Huit mètres de long et environ dix centimètres de diamètre, la branche. Si elle était tombée au moment où je passais à cet endroit, je serais aux urgences... ou au ciel.

 

J'ai poussé la branche hors du chemin pour qu'elle ne fasse pas tomber à son tour un cycliste, un skater ou une poussette (tant de parents aujourd'hui "promènent" leur enfant  téléphone en main, les yeux rivés sur leur écran, sans un regard ni une parole pour l'occupant(e) du landau ou de la poussette...).

 

Je ne sais pas si les chats ont 7 vies, mais j'aime à penser que tous, nous avons droit à autant de vies que nécessaire pour devenir conscients et aimants (je crois que l'un ne peut aller sans l'autre). Pas en mode jeu vidéo : "same player plays again". Mais avec autant de vies uniques qui constituent, chacune, autant d'expériences uniques.

 

Il m'en faudra bien plus de sept. A chaque pas, la mort, cette alliée, cette compagne, cette amie et conseillère irremplaçable, me rappelle d'apprécier chaque instant de chaque vie, quel que soit leur nombre.

Y compris quand je sors pour une simple promenade sur un sentier familier, juste derrière chez nous.

 

 

Pas comme ça

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 Texte écrit d'après cette image de source inconnue, trouvée sur internet

 

J'ai passé tant de temps à t'attendre. Attendre que tu trouves le temps. Attendre que tu me coinces entre la poire et le fromage, dans ton quotidien sanglé jusqu'à l'asphyxie d'urgences prioritaires. Attendre que tu aies le temps de répondre à mes questions, de répondre à mes messages, de me donner de tes nouvelles. Attendre que tu trouves le temps de m'adresser la parole, tout simplement.

Peut-être à tort, j'ai considéré que parce que tu étais l'affairé, et moi la disponible, c'était à moi de m'adapter. A moi d'aménager mes horaires. A moi de hiérarchiser mes priorités en te mettant au sommet, en t'accordant la meilleure place. Ca me semblait naturel, puisque tu étais important. Puisque j'avais envie de te retrouver et de pouvoir passer du temps avec toi. Je pensais naïvement que tu ferais de même, puisque je pensais être importante pour toi aussi.

On ne peut pas vivre avec un courant d'air. Avec quelqu'un qui n'a le temps de dire ni bonjour, ni bonsoir; qui archive mes messages sans y répondre comme si c'étaient des spams; qui est heureux que je fête nos anniversaires de rencontre, mais ne me les souhaite jamais. Je ne peux pas continuer à me tourner le dos. A vivre de dos, sans regarder en face que ça me fait mal d'être traitée ainsi et que je mérite mieux que l'absence.

Alors, à partir d'aujourd'hui, je ne m'adapterai plus. Je ne t'attendrai plus. Je ferai comme toi, je vivrai ma vie en donnant priorité aux autres personnes, aux autres activités, et on verra bien au bout du compte s'il reste du temps pour nous. Car moi aussi je suis capable de me construire une existence bien remplie et largement occupée; j'avais seulement commis l'erreur d'y créer un espace libre pour toi. Pour nous.

On peut trouver un équilibre si on est deux à le vouloir. On peut communiquer si on est deux à le vouloir. Pour ma part, je ne sais pas pratiquer à sens unique. Je n'en vois pas non plus le sens.

J'ai fini de vivre de dos. Je ne resterai plus assise à t'attendre. Aujourd'hui, je vais me faire belle, sortir dans la pleine lumière et jouir de la vie jusqu'à la moëlle. Avec ou sans toi. Tu pourras choisir. Je me choisis, moi.

A partir d'aujourd'hui, et pour tous les autres jours qui me restent, je choisis d'être heureuse.

Je vivrai debout.

Je vivrai de face.

Je vivrai libre.

Je déploierai ma plénitude.

 

Côte à côte

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Je poursuis mon voyage en images le long des côtes italiennes. Si vous avez envie de découvrir plus avant la Ligurie, je vous conseille cette vidéo du magazine français "Echappées belles" et, en italien, le blog "Foto Vagabonde" d'Emanuela, passionnée de sa région, qui nous la fait découvrir pas à pas.

Pour cette nouvelle photo, j'ai écrit deux textes très différents. Je trouvais intéressant de garder le même visuel et le même titre, la même forme littéraire aussi (nouvelle dont le narrateur s'exprime à la 1e personne) tout en explorant deux possibilités presque opposées. Je vous laisse découvrir en cliquant sur les 2 titres, sous la photo ! 


Côte à côte

 Côte à côte (1)

Côte à côte (2)

 

Côte à côte (2)

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Côte à côte (2)

 

Voyons, voyons, qui va s’installer à côté de moi aujourd’hui ? Hier, ce n’était pas mon jour de chance. Le matin, j’ai eu Moquette, un habitué poilu du dos à s'y sécher les pieds. Il vient en général accompagné de son fils, que j’ai baptisé Tapis de bain. Je verrai en fin de puberté si je dois adapter son surnom à sa pilosité définitive. En sandwich entre eux deux, c’est sûr, on doit se sentir comme dans un sac de couchage inuit fourré ours polaire. Ils ont squatté leur chaises longues tout le matin, même pas mis le bout d’un orteil dans la mer. Et léché des Eskimos, en prime.

 

Après eux, j’ai eu une nouvelle, une dame charnue qui a passé l’après-midi à l’ombre à se tartiner de crème solaire et à se retourner sur son pliant en poussant de petits cris et des soupirs un peu rauques dont je n’ai pas pu identifier si c’étaient des ronflements : son visage bouffi disparaissait aux trois quarts sous un gigantesque chapeau de paille, plus proche du sombrero que du canotier. A voir la couleur de sa peau, peut-être une de ces Anglaises qui virent en quelques heures au vanille fraise, quand ce n’est pas au vanille framboise ou vanille cassis, suivant l’indice de leur crème solaire et la fréquence du tartinage. Avec ses bourrelets huilés et ses couinements poussifs, elle me faisait penser à un phoque. Ou alors, c’est une de ces Bavaroises aux fesses aussi mafflues que celles de leurs vaches. Non, elle n’a pas commandé de bière de l’après-midi. Donc, pas une Hollandaise non plus. Je penche pour une Flamande ascendant otarie. Une Viking croisée pinnipède (ses pieds étaient affreux, en plus, avec des ongles cassants, mal taillés, mal vernis… une horreur !). Une walkyrie de lignée morse, ou éléphant de mer.

 

C’est incroyable, quand même, comme je voyage et découvre les cultures sans quitter ma place. J’ai déjà fait, au moins, le tour du monde. On ne s’ennuie jamais quand on… ah ! L’aubaine ! Mazette ! Gloria ! Aujourd’hui, c’est Byzance ! Une Italienne, une vraie ! Soignée, maquillée, coiffée, épilée jusqu’au maillot, super bien roulée, en plus ! Je vais m’en mettre plein les mirettes avec son bikini rikiki, et recto verso : le bas est un string ! Waouuuuuuh ! Alleluia ! Revers de fortune ! Tous les saints sont de mon côté, ou tous les seins, enfin, surtout les siens ! Madonna mia ! Quels melons ! Quelle pulpe ! Je vais veiller sur elle, raide comme un garde du corps, droit comme un i. Je vous le disais : il faut se montrer patient, mais on ne s’ennuie jamais à la plage. Rien de plus excitant qu’une vie de parasol !

 
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