Robinetterie

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Je suis un OVNI. On en rit dans ma famille où c’est même un de mes surnoms. Beaucoup de mes choix de vie sont incompréhensibles pour la plupart des gens et je sais pourquoi : j’ai plusieurs fois côtoyé la mort. Cette expérience particulière a intégralement fait basculer mon référentiel. Quand on a failli perdre la vie, on connaît le prix de chaque instant. La hiérarchie des priorités, l’ordre des valeurs, ne sont plus les mêmes.

 

Je suis un peu semblable à ceux qui ont vécu une NDE et qui en reviennent complètement transformés. Je ne suis pas revenue avec un message mystique à transmettre. Je n’ai pas traversé un tunnel au bout duquel j’ai rencontré des êtres de lumière. J’ai plutôt traversé un tunnel plein d’illusions et d’ombres, les miennes. Au bout de ce tunnel, j’ai rencontré une évidence : la vie est précieuse. La vie est un cadeau inestimable. Il n’est plus possible pour moi d’en gaspiller une seule miette. Il n’est plus possible pour moi de renoncer au bonheur ou de me l’interdire une seule seconde.

 

Oh, j’ai bien essayé, une fois sortie du tunnel, de réendosser mon référentiel d’avant. Mais c’était impossible. Plus rien ne faisait sens. L’urgence de vivre primait sur tout. L’urgence de respirer à pleins poumons brûlait mes auto-limitations dans une combustion spontanée.

 

De là où j’en suis aujourd’hui, je vois le bonheur comme une source.  Elle coule partout, tout le temps, de manière ininterrompue. Elle est à disposition de tout et de tous, à volonté. Selon notre système de croyances, nous installons sur cette source différents types de robinets. Certains vont opter pour le mitigeur avec douchette, d’autres pour le débit à flux réduit pour faire des économies, d’autres encore choisiront le goutte à goutte. Certaines personnes bloquent même complètement le flux et rien ne me rend plus triste que de les entendre dire d’une voix résignée « Je n’ai pas le temps » ou « Je n’ai pas droit au bonheur ». Car en effet, si telle est leur croyance (leur robinet), c’est ce qui va se manifester dans leur vie : la frustration, la déception et l’amertume.

 

 Fuite de votre robinet ? Que faire ? - Maison Actuelle Et Travaux Santé ...

  

Mon père est mort l’année de sa retraite, après avoir travaillé toute sa vie comme un forçat. Il ne reste rien de ce qu’il a bâti : ni la maison, qui a été vendue, ni son oeuvre, qui est oubliée. Où est le sens d’attendre le week-end , les vacances ou la retraite pour être heureux ? Je peux mourir demain. Je veux être heureuse maintenant, intensément, tout le temps.

 

Cela ne signifie pas que je mène une vie inconsciente, oublieuse de toute responsabilité. Au contraire, je crois pouvoir dire que je suis capable d’autodiscipline, d’effort et de structure quand c’est nécessaire. Simplement, je ne veux pas en fournir plus que ceux nécessaires. Et même quand j’en fais, j’essaie de les mobiliser dans la joie et la légèreté plutôt que dans la ronchonnerie et la résignation. C’est un peu mon exercice quotidien. Alléger l’irrespirable. Rendre fun le chiant. Kiffer chaque instant. Même les embouteillages, même la paperasse, même le ménage, même les contrariétés du quotidien. Je veux réussir à aimer et à savourer la vie dans tout ce qu’elle est. Autant vous dire que je suis encore loin d’avoir atteint l’objectif. Peu m’importe : je profite du voyage sans avoir besoin d’atteindre le but.

 

Je n’ai pas la prétention que ma vision de l’existence soit plus juste ou meilleure que ceux qui ont des robinets fermés ou compte-goutte. Je constate seulement que je dégage plus d’optimisme, que je me faufile plus facilement entre les difficultés de l’existence et qu’on me renvoie souvent que je suis « une bouffée d’air frais, un rayon de soleil ». Ce n’est pas moi qui le dis. C’est ce que j’entends.

 

Je ne suis pas plombier et je sais qu’on ne peut pas ouvrir son robinet à la place de quelqu’un d’autre : c’est même dangereux, ça risque de déstabiliser l’ensemble de son référentiel. On peut lui montrer où est le filtre qui limite le flux, mais au final, la décision d’ouvrir ou fermer la valve lui appartient.

 

J’ai choisi d’être heureuse à temps plein et je ne reviendrai sur cette décision pour rien au monde. Là où d’autres n’ont pas le temps pour s’amuser ou se faire plaisir, je n’ai pas le temps pour cultiver l’amertume, la frustration ou la résignation. Elles sont mauvaises pour ma santé. Je les ai bannies de ma vie, au même titre que le tabac et les hamburgers.

 

On me demande souvent quel est le secret de ma bonne humeur, ou on me l’envie. J’aime répondre avec Charles Trenet que « Le bonheur est un coup de dés, mais la bonne humeur est une discipline. » Et celle-là, je vous assure que je m’y exerce chaque jour avec assiduité.

 

Je vous souhaite une vie avec des robinets à la mesure de ce que vous vous souhaitez. Si vous êtes heureux, c’est le meilleur signe que vous avez trouvé le bon débit. Je ne réussis pas encore à boire tous les jours à la source. Mais je reste consciente qu’elle coule, pour moi et pour tous, constamment, gratuitement, infiniment.

  

Robinetterie

                                                                                                                                                                                                                                                      Photo : Willy PIERRE

 

L'eau croupit quand elle stagne

et fertilise quand elle coule.

L'amour aussi.

  

Gilbert CESBRON

 

La vie en rose

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Les roses sont partout sur mon chemin en ce moment. En bas de chez moi, les églantines sont en fleur et, comme chaque année, je les remercie pour leur délicate beauté offerte. A l'instar des coquelicots, que j'aime tant, elles font partie des fleurs sauvages et fragiles qui fanent dès qu'on les cueille et qu'on ne peut s'approprier dans un vase en guise d'ornement.

 

Ma mère m'a rapporté d'Andalousie un cadeau emballé dans du papier avec des roses. Une amie m'a offert une rose de son jardin et, après avoir déjeuné avec une autre, nous nous sommes promenées dans la roseraie.

 

Jusqu'ici, je n'étais pas, je dois dire, une grande amie des roses. Je les trouvais trop sophistiquées, trop snob, trop dénaturées... et trop épineuses. De plus, l'entretien des rosiers est un vrai casse-tête pour beaucoup de jardiniers. Je suis une fille simple qui aime les choses simples. Les roses, c'était beaucoup trop de tralala pour moi. Sans compter l'utilisation commerciale qui en est faite à la Saint Valentin...

 

Pourtant, la vie me propose de regarder les roses différemment. Ce sont des fleurs qui ne se laissent pas approcher facilement. Elles se protègent derrière leurs épines. Elles demandent de l'attention et beaucoup de persévérance. Elles m'apprennent qu'il y a des bonheurs d'autant plus grands d'avoir été longtemps attendus, longtemps inaccessibles. Des bonheurs intenses qu'on n'a même pas imaginés possibles.

 

On avait atteint le point de bascule où on est prêt à renoncer,  où on se dit "ça n'existe pas" ou "ce n'est pas pour moi". Et là, la vie nous rattrape par la manche et nous souffle  : "Ne renonce pas". On s'arrête pour mieux tendre l'oreille, on n'est pas sûr d'avoir bien compris, bien entendu. Ca semble tellement irréel, tellement improbable. Alors la vie ajoute, à peine un peu plus fort : "Ca existe. C'est pour toi. Si tu acceptes que cela le soit. Mais seulement dans ce cas. Tout part de toi. Jusqu'où es-tu prêt(e) à croire en moi ? "

 

Voilà ce que m'apprennent les roses, mes professeurs du moment. En leur honneur, j'ai eu envie de réécouter "La vie en rose". Il en existe d'innombrables interprétations, dont bien sûr l'originale de Piaf. Souvent très romantiques et passionnées. J'ai aimé celle de Zaz, plus proche de mon énergie, tout en joie et en légèreté. Un peu folle. Un peu comme la leçon des roses.

 

 

 

 

Des yeux qui font baisser les miens
Un rire qui se perd sur sa bouche
Voila le portrait sans retouche
De l'homme auquel j'appartiens
Quand il me prend dans ses bras
Qu'il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Il est entré dans mon coeur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est lui pour moi, moi pour lui dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré pour la vie
Et dès que je l'aperçois
Alors je sens en moi
Mon coeur qui bat
 
Des nuits d'amour à n'plus finir
Un grand bonheur qui prend sa place
Des ennuis des chagrins s'effacent
Heureux, heureux à en mourir
Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça me fait quelque chose
Il est entré dans mon coeur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est toi pour moi, moi pour toi dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré pour la vie
Et dès que je t'aperçois
Alors je sens en moi
Mon coeur qui bat
 
Auteurs-compositeurs : Edith Piaf, Louiguy
Interprète : Zaz
 

"Comme une bulle au milieu du bruit"

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Je ne suis pas riche de beaucoup de choses matérielles.  Je n'ai besoin ni de bijoux, ni de sacs à mains, ni de chaussures, ni de maquillage. Je n'ai pas besoin de meubles précieux, d'une voiture de marque ou du dernier smartphone high tech. Pendant la pandémie où je me suis retrouvée presque 3 ans sans travail, il m'est arrivé de devoir choisir entre payer mes courses ou aller chez le médecin.  Mais j'ai la chance (ou je me suis donné la chance) de posséder en abondance quelque chose de rare, presque un luxe pour la plupart des gens : le temps.

 

Rien n'est pire pour moi que d'ouvrir mon agenda et de voir une (ou plusieurs !) journée(s) bourrée(s) jusqu'à la gueule. Ca me donne l'impression de suffoquer. Non que je sois inactive, mais parce que j'ai besoin d'avoir, dans chacune de mes journées, un espace de liberté, un moment d'imprévu. Quelque chose qui donne du jeu et de la souplesse à mon quotidien et me permette d'en décaler les impératifs pour des choses aussi essentielles que voir ou appeler un ami(e), écouter mon fils me raconter sa journée, cuisiner quelque chose de bon, remercier les arbres en fleurs sous mes fenêtres d'être aussi beaux, petit-déjeuner avec les oiseaux, contempler le coucher du soleil.

 

Quelque chose comme une bulle d'oxygène qui aère ma vie et me retient de la passer à courir (après quoi ?...), parce que j'ai trop conscience que je n'emmènerai de l'autre côté ni sac, ni bijoux, ni smartphone, ni voiture, ni même mon travail ou mes oeuvres, mais uniquement la qualité de présence que j'aurai donné à la vie d'ici, aux êtres d'ici.

 

Alors forcément, quand j'ai entendu cette chanson, je ne pouvais qu'adhérer.

Gardons du temps pour ce et ceux qui nous sont "importemps" !

 

 

Einstein et moi

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Einstein et moi

 

On est toujours libre de la réalité qu'on (se) crée. Je le vérifie de plus en plus. La psychologie ou la physique quantique, par exemple, expliquent que modifier ses pensées, changer son système de croyances, a un impact sur la réalité que nous expérimentons. Même sur cette réalité apparemment solide et inerte que nous nommons "concrète", et qui n'est, finalement, qu'un vaste champ d'énergie constitué de particules en mouvement (je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, mais c'est ainsi que je me le représente).

 

On peut, bien sûr, rester toute sa vie au rez-de chaussée du château (pour reprendre ma métaphore d'un autre article "Où commence la fiction, où finit la réalité ?"). 9 milliards de bipèdes dans un studio bondé en surchauffe. Si on s'y sent bien, pourquoi pas ? On peut aussi (c'est l'option la moins coûteuse) redécorer le studio : s'acheter le dernier gadget à la mode, s'étourdir de distractions, s'abrutir dans le travail ou d'une autre façon. Peu nombreux, finalement, sont ceux qui vont jusqu'à supposer l'existence d'autres pièces habitables. Ou, plus aventureux encore, jusqu'à déménager (c'est-à-dire s'établir dans d'autres réalités, en ne gardant celle d'ici que comme une télévision ou un cinéma. Et quand on voit ce qui s'y diffuse... a-t-on vraiment envie de ne regarder que ça ? Moi pas !).

 

Einstein et moi

 

Ne pas modifier ses croyances revient un peu, de mon point de vue, à vouloir porter toute sa vie les mêmes vêtements ou les mêmes lunettes. C'est possible, mais inconfortable. Tôt ou tard, un désajustement s'installe et l'irritation grandit. Pourquoi attendre l'inflammation pour se résoudre à changer ? Parce que souvent, le gardien du seuil, le "Besserwisser", comme je l'appelle, se battra bec et ongles pour maintenir en place le statu quo. C'est son job, et il le fait avec un zèle presque vindicatif. Je peux en parler avec d'autant plus de conviction et d'humour que mon Besserwisser à moi est très costaud et qu'il faut en général plusieurs bonnes grosses baffes successives pour le déboulonner.

 

Si j'écris, c'est peut-être pour déboulonner d'autres Besserwisser zélés, pour ouvrir d'autres perspectives.

"Le coquelicot qui se sentait tout seul" et "Plus seul du tout" parlent de notre relation à la nature, à l'environnement.

"Le Joyau", "Histoires à grandir debout", parlent de notre libre-arbitre.

"D'est en ouest", "Par la fenêtre", parlent de la résilience, de la possibilité de renaître après une épreuve.

"Elastique", "La belle entente", parlent de notre rapport à la séparation mais aussi, plus largement, à ceux que je nomme "les vivants de la pièce d'à côté."

Lire un extrait / Ecouter "Elastique"

 

Pour moi, écrire n'est ni un gagne-pain, ni une mode, ni un exercice de style, ni un jeu. Même si je suis une maniaque de l'esthétique et que je peux réécrire une phrase vingt fois parce que je chipote sur une virgule (je ne trouve pas sa cadence ou sa mélodie juste), ce qui m'importe, c'est d'abord et surtout de créer l'espace d'une discussion, d'ouvrir ensemble un autre possible... ou mieux : plusieurs !

 

Même si j'y arrive par d'autres chemins et que je le formulerais avec d'autres mots, je rejoins Einstein dans sa lettre inédite à sa fille Lieserl : "J'ai atteint l'ultime réponse". Je n'ai pas d'ultime réponse. J'ai seulement plusieurs interprétations du réel (ou plusieurs réels) possibles, et lorsque j'hésite, je choisis toujours, en définitive, celle qui me rend la plus heureuse. C'est là mon ultime réponse.


 

Einstein et moi

  J'adore le travail de ce peintre ! D'autres toiles sur son site  : https://dimadmitriev.com/


Pissenlits for ever

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En stage pour 15 jours à Reussit School, j'ai eu la surprise, en me promenant dans le quartier sur ma pause de midi à la recherche d'un coin tranquille pour faire la sieste (oui, la sieste est un moment sacré que je ne raterais pour rien au monde, et elle m'était particulièrement vitale ces deux semaines-là !) de trouver des nébuleuses de pissenlits sur les rails du tram, en plein centre ville.

 

Les pissenlits et moi avons une longue histoire commune. Je leur dois ma première fugue à l'âge de 3 ou 4 ans. Nous étions partis en excursion avec ma classe de maternelle. Je me suis éloignée du groupe, aimantée par ces soleils terrestres répandus sur le sol.  La maîtresse n'a pas vu mon absence au retour et c'est ma nounou, inquiète de ne pas me voir rentrer pour le déjeuner, qui a alerté l'école. Retour en catastrophe sur le lieu de l'excursion. J'étais toujours là, tranquille, à cueillir mes soleils en pleine nature. Je n'avais même pas constaté l'absence des adultes. En plus, j'ai eu droit à un retour à mobylette avec la fille de ma nounou, cheveux au vent (pas de casque à l'époque, évidemment). Le pissenlit et moi venions de nouer une relation qui ne devait jamais s'éteindre.

 

Ma mère m'a raconté que je lui en ai offert des bouquets et des bouquets à ne plus savoir qu'en faire. Plus tard, j'ai découvert ses nombreuses vertus thérapeutiques. Enfin, le pissenlit fait partie des premiers, au printemps, à ramener de la lumière dans la boue des champs, là où l'anémone qui porte mon prénom accomplit la même oeuvre blanche en forêt.

 

Pissenlits for ever

Anémones "Sylvie" - Avril 2023

 

J'ai donc été ravie, à l'arrivée sur mon lieu de vacances, de constater que les pissenlits étaient là pour m'accueillir (avec les coccinelles) et que les moutons voisins ne les avaient pas tous broutés. 

Pissenlits for ever

 

Autre chose que j'aime chez le pissenlit : la fleur est belle à tous les âges de sa vie, en bouton, épanouie et même en fin de floraison, là où d'autres sont ternes, sèches et fanées. Elle arbore alors une blancheur vaporeuse, une rondeur diaphane et fait la joie des enfants qui peuvent souffler sur ses akènes et les regarder s'envoler, disséminés par le vent, promesses d'autres soleils terrestres à éclore.

 

Comme avec l'âge, je suis de plus en plus ronde et blanche, je fais le voeu de finir ma vie aussi épurée et diaphane qu'un pissenlit et de la quitter avec la même légèreté.

Note à moi-m'aime : prévenir mon fils, qui sait déjà que je veux être incinérée plutôt qu'inhumée, de répandre mes cendres en forêt ou sur un lit de pissenlits.

 

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