Itaaaaaaaaliaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!

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Les plus jeunes écrivains de la Classe Bleue, à l'école Montessori de Strassen (Luxembourg), poursuivent leurs progrès... Après une première histoire au présent sur le Pérou (détails ici), c'est à un autre type de texte, la description, que nous les invitons pour ce dernier atelier de l'année, afin d'utiliser l'imparfait qu'ils ont appris récemment en classe avec Joséphine.

Entre temps, je me suis réconciliée avec Lucien l'explorateur, malgré notre rivalité de toujours et nos échanges assassins (au sens propre !) et j'ai accepté de le suivre, pour cet atelier, en Italie du Sud... mais uniquement pour Joséphine, parce qu'elle est originaire de là-bas !

A partir d'images préparées par Joséphine et d'une fiche sur l'imparfait (ma contribution), les enfants, en deux groupes, écrivent leur description d'une scène de "dolce vita" et la présentent, une fois terminée, en lecture à haute voix.

Depuis l'atelier d'avril, les progrès sont sensibles : phrases plus longues, vocabulaire plus riche, ponctuation en place, lecture plus fluide, et de façon générale, beaucoup moins de peur de lire et d'écrire : l'année prochaine, on va passer aux choses sérieuses !

En attendant, je vous laisse découvrir les images et textes, dans des couleurs et températures parfaitement de saison ! Je mangerais bien "un gelato al limon" aussi, moi...




En route pour la plage

Nous étions une fille et un garçon avec des cheveux marron. Nous faisions de la moto, nous mangions une glace au citron et nous nous regardions. Deux personnes âgées, sur un balcon, discutaient et nous surveillaient discrètement : nos parents ! On pouvait voir le linge sécher au soleil entre les maisons. Un ami venait nous rejoindre pour aller à la plage. Au loin, on pouvait voir le Vésuve, tout bleu derrière la mer qui brillait. Ensemble, nous allions nous baigner et jouer au volley !

Lili, Laureen, Louise





La côte amalfitaine

C'était une belle journée sur la côte amalfitaine. Il faisait très chaud. Les mouettes volaient dans le ciel bleu. Les bateaux naviguaient sur la mer, bleue elle aussi. Les gens, à la plage, s'amusaient, et ceux à la maison étaient relax ! Dans les montagnes, d'autres marchaient ou faisaient du vélo. Les citronniers poussaient, les citrons étaient déjà jaunes ...

Adam et Raphaël

Le meilleur et le pire

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" Le libéralisme économique (...) se révèle comme une idéologie en faillite. Son laisser-faire a déterminé des réussites partielles, mais a provoqué plus d'appauvrissements que d'enrichissements. Sous son égide, la mondialisation, le développement, l'occidentalisation - trois faces du même phénomène - se sont montrés incapables de traiter les problèmes vitaux de l'humanité. (...)

Nous devons prendre conscience que la mondialisation constitue à la fois le meilleur et le pire de ce qui a pu advenir à l'humanité.

Le meilleur, parce que tous les fragments de l'humanité sont pour la première fois devenus interdépendants, qu'ils vivent une communauté de destin qui crée la possibilité d'une Terre-Patrie, laquelle, répétons-le, loin de nier les patries singulières, les engloberait.

Le pire, parce qu'elle a donné le départ à une course effrénée vers des catastrophes en chaîne. L'essor incontrôlé des pouvoirs manipulateurs et destructeurs de la science et de la technique, le déchaînement tous azimuts de l'économie de profit ont engendré la prolifération des armes de destruction massive et la dégradation de la biosphère, cependant qu'aux totalitarismes du XXe siècle ont succédé la tyrannie d'un capitalisme financier qui ne connaît plus de bornes, soumet Etats et peuples à ses spéculations, et le retour de phénomènes de fermeture xénophobe, raciale, ethnique et territoriale. Les ravages conjugués d'une spéculation financière et de fanatismes-manichéismes aveugles amplifient et accélèrent les processus annonciateurs de catastrophes.

Nous devons en même temps prendre conscience que si le développement à l'oeuvre aujourd'hui dispense des prospérités "à l'occidentale" à une fraction des populations du monde, il a aussi produit d'énormes zones de misère et sécrète en soi de gigantesques inégalités.(...)

Ayons conscience du moment dramatique que nous vivons pour l'espèce humaine, de ses ambivalences, de ses risques et périls, mais aussi de ses chances."


Edgar MORIN et Stéphane HESSEL
"Le chemin de l'espérance", 2022


Je ne veux pas pour toi

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Je ne veux pas pour toi les déchirures des ronces
Ni les étangs glauques des illusions ou l’on s’enfonce
Efface de ton âme les noirs tourbillons
Une étoile flamboie au milieu de ton front


Abandonne les cauchemars au fond de leur nuit
L’amertume blême de la tristesse est un désert
Je veux un ciel clair et des poitrines au cœur chantant
Des poumons vibrant comme des arbres en plein vent


Je ne veux pas pour toi l’ombre portée de la souffrance
Sur le pur visage embué de ton enfance
Arrache de toi les barreaux de la cage
Le fardeau de douleur est un trop lourd bagage


La vie est là qui frémit et palpite dans là sève
Chaude vie plus forte que les illusions
Une vie jamais vécue voilà ce que je veux
Où les oiseaux viennent chanter dans tes cheveux


Je ne veux pas pour toi l’étendue du dérisoire
Ni les lèvres murées par tant de pierres noires
Tu as trop arpenté déjà les labyrinthes du malheur
Pour qu’enfin ton cœur soit parsemé de fleurs.


Jacques VIALLEBESSET

"L'écorce des coeurs"


Ô lumineux matin

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Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long.

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, œil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux.

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons.

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
— Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…


Anna de Noailles

"Le Cœur innombrable"


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