Oeuvrier de lumière

Voeux simples
Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux éblouis de l’argent des poissons ;
Vivre du cliquetis allègre des moissons,
Du clair halètement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de l’enchantement lunaire au long des nuits
Que disent les crapauds sonores dans les trèfles.
Vivre naïvement de sorbes et de nèfles,
Gratter de la spatule une écuelle en bois,
Avoir les doigts amers ayant gaulé des noix
Et voir, ronds et crémeux, sur l’émail des assiettes,
Des fromages caillés couverts de sarriettes.
Ne rien savoir du monde où l’amour est cruel,
Prodiguer des baisers sagement sensuels
Ayant le goût du miel et des roses ouvertes
Ou d’une aigre douceur comme les prunes vertes
À l’ami que bien seule on possède en secret.
Ensemble recueillir le nombre des forêts,
Caresser dans son or brumeux l’horizon courbe,
Courir dans l’infini sans entendre la tourbe
Bruire étrangement sous la vie et la mort,
Ignorer le désir qui ronge en vain son mors,
La stérile pudeur et le tourment des gloses ;
Se tenir embrassés sur le néant des choses
Sans souci d’être grands ni de se définir,
Ne prendre de soleil que ce qu’on peut tenir
Et toujours conservant le rythme et la mesure
Vers l’accomplissement marcher d’une âme sûre.
Voir sans l’interroger s’écouler son destin,
Accepter les chardons s’il en pousse en chemin,
Croire que le fatal a décidé la pente
Et faire simplement son devoir d’eau courante.
Ah ! vivre ainsi, donner seulement ce qu’on a,
Repousser le rayon que l’orgueil butina,
N’avoir que robe en lin et chapelet de feuilles,
Mais jouir en son plein de la figue qu’on cueille,
Avoir comme une nonne un sentiment d’oiseau,
Croire que tout est bon parce que tout est beau,
Semer l’hysope franche et n’aimer que sa joie
Parmi l’agneau de laine et la chèvre de soie.
Cécile Sauvage, Tandis que la terre tourne
De cet amour ardent je reste émerveillée
Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.
Andrée CHEDID - Poème offert au Printemps des poètes 2007
"Le saviez-vous ?" - Les glaciers tropicaux
Les glaciers tropicaux, qui couvrent environ 2 800 km2, représentent moins de 5% des glaciers montagneux mondiaux. Ils se situent en majorité dans les Andes : le plus grand glacier tropical du monde (44m2) se trouve à Quelccaya, au Pérou, à plus de 5000 m d'altitude, dans une plaine volcanique. Mais saviez-vous qu'il existe aussi des glaciers en Afrique ?
L'Afrique de l'Est abrite trois massifs montagneux glaciaires : le Kilimandjaro, le mont Kenya et les monts Rwenzori. Situé légèrement au nord de l'équateur, le long de la frontière entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, le Rwenzori, appelé aussi « Montagnes de la Lune », est le plus grand des trois massifs. Il abrite certains des glaciers les plus mystérieux et les moins étudiés du continent.

"Rwenzori" signifie "faiseurs d'eau", car ce massif reçoit des pluies abondantes et constantes qui forment de nombreux cours d'eau, dont certains alimentent en amont le Nil Blanc.
Les montagnes du Rwenzori offrent des paysages à couper le souffle et des écosystèmes remarquables, qui leur ont valu une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Pourtant, on estime que dans 20 ans tout au plus, les 11 glaciers de ce parc naturel exceptionnel auront disparu.
Partons à la découverte des Rwenzori en écoutant l'audio de 4 minutes que Radio France leur consacre... c'est par ici !
Si vous préférez le voyage en images, vous pouvez, comme moi, arpenter les sentiers et vous immerger dans les panoramas effectivement sublimes (et lunaires!) du Rwenzori grâce à la vidéo ci-dessous... sans devoir grimper en bottes de caoutchouc !