Intérieur, extérieur

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Par la fenêtre du passé, je regarde les absents de ma vie. Ceux qui manquent chaque année à l’appel, ceux qui sont partis trop tôt, trop brutalement, trop injustement, et surtout ceux que rien ne remplace. Ni les portraits sur le buffet, ni les objets familiers, ni les albums photo, ni les souvenirs.

A côté du buffet, la pile de livres comme autant de fenêtres ouvertes, autant d’évasions possibles et d’échappées qui m’ont aidé à vivre, à trouver l’oxygène, à ne pas rester crucifié sur les écueils de l’absence tandis que le torrent de la vie, inlassable, les contournait pour poursuivre son cours. La vie indifférente à nos malheurs, à nos bonheurs humains. La vie qui coule sans fin, quoi qu’il arrive. Et moi qui, au lieu de couler avec elle, tentais désespérément de ne pas couler tout court. Je me suis rempli, gavé, saturé d’activités, de déplacements, d’étourdissements, de connaissances pour oublier ce pli, cette fente laissée dans l’eau à la chaque perte de chaque cher, cette coupure jamais cicatrisée d’un scalpel incompréhensible et soudain, tombé chaque fois comme un couperet douloureusement inacceptable. Chaque nouvelle incision ravive les précédentes et me vide lentement par cette plaie de l’âme. J’ai compensé comme j’ai pu : grâce au travail, grâce aux responsabilités, grâce à la famille, grâce à la culture, grâce aux amitiés, grâce à la nécessité d’avancer, vite, efficacement… et grâce aux livres. Cette stratégie de survie m’a permis de maintenir un équilibre bancal. Fragile, mais durable. On peut vivre avec un membre en moins, ou même plusieurs. On doit donc pouvoir vivre aussi avec un, ou plusieurs, êtres chers manquants. C’est du moins ce que je croyais.

Par la fenêtre du séjour, le renouveau entre à grandes et profondes bouffées, m’apportant les parfums et les chants du dehors. Les perce-neige et les crocus sont arrivés les premiers, puis les pâquerettes, les pissenlits et, depuis peu, d'immenses brassées de boutons d’or.  Les graminées et les feuillages reverdis dansent. Un vent tiède passe, doux comme une caresse. Pourtant, le matin, le givre vernisse encore les marches et les rend glissantes.

Tu arrives sur mon coeur à l’hiver de ma vie comme un printemps inespéré. Me voici sur le seuil.

Est-ce que je vais sortir ?


 

Une découverte

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La musique (klezmer, surtout), les chants, la langue yiddish me touchent avec une intensité particulière. L'hébreu aussi. J'ignore d'où cela me vient. C'est juste beau et inexplicable, tout comme l'est ma sensibilité exacerbée au son du violoncelle.

En ce moment, j'apprends l'italien en écoutant des chansons. Beaucoup de chansons. Dans mes suggestions You Tube du matin, parmi les chansons italiennes, est apparue cette interprétation de "La chanson des vieux amants" de J. Brel par une violoncelliste inconnue. Bien que je connaisse les paroles en français par coeur, je crois que même sans les comprendre, mon émotion aurait été la même. Ecoutez...

  

 

Ecouter l'original de la chanson par Jacques Brel

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Mieux que changer d'année, changer de temps

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https://lart-et-la-matiere.org/wp-content/uploads/2020/11/IMG_3064.jpeg

Image : Création en raku de Marie-France GUILHEMPEY, site "L'art et la matière"

  


Il y a quelques jours, je coanimais avec mon amie Martine Scalzotto   un atelier en ligne autour du thème "(Ré)apprendre à s'aimer", auquel participaient des personnes qui se reconstruisent après avoir vécu la violence. Au cours de cette soirée, j'ai évoqué tous les petits manques d'amour, conscients ou inconscients, que nous nous infligeons au quotidien comme autant de violences miniatures et qui finissent par nous persuader que nous sommes nul(le)s.

Tous les : "Je n'aime pas (telle ou telle partie de mon corps, de ma personnalité)", "je ne suis pas capable de", "je n'ai jamais réussi à", "si j'avais su, je..." (suivi de ce temps terrible que j'emploie le moins possible : le conditionnel passé, le temps de l'amer-tue-me). Toutes les fois où on se force à quelque chose qui ne nous convient pas pour satisfaire ou donner priorité à quelqu'un d'autre (un parent, un enfant, un chef, un voisin, la mode, les conventions sociales...).

J'arrive à un âge où, comme le disait une image rencontrée sur la toile, j'ai conscience que "je suis parfaite, mais pas tout le temps : je suis parfoite".  En recherchant cette image, j'ai découvert qu'on peut même s'offrir le T-shirt ou le pull avec la citation!

Etre parfoite me libère de la nécessité d'être parfaite et me donne le droit de m'aimer quoi qu'il arrive, que je sois fière de moi... ou non. Nom d'une lutine zinzin, pourquoi n'ai-je pas pris conscience de ma parfoititude avant ? Je n'en sais rien, mais je ne vais pas me mettre à parler au conditionnel passé ! 

Avec ou sans la panoplie, je me sens parfaitement bien en parfoite et c'est ce que je vous souhaite aussi. Oui, même les jours où vous sentez comme ça (clic !), surtout les jours où vous vous sentez comme ça !

Envoyez sur les roses le tatillon ou la délichieuse en vous et invitez à vos côtés, plutôt, le/la parfoit(e). Vous pourriez apprécier sa compagnie (conditionnel... présent ! Un excellent ami dont je recommande la fréquentation : c'est le temps de tous les possibles !)


 

La bonne étoile

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Terrien
Juste une poussière
Dans un système solaire
Une chose mystérieuse
C'est rien
On est tous un peu flous
Pas sûrs de nous du tout
Dans la nébuleuse
Ce soir
En regardant les étoiles
J'ai vu dans le ciel
Quelque chose qui brille, brille, brille
À la belle étoile
Quelques étoiles filantes
Et toi la bonne étoile
Autour de toutes ces figurantes
Visible
À l'œil nu si on veut
Il fallait ouvrir les yeux
Sur ce point lumineux
J'étais à des années lumières
De penser qu'un jour
Je pourrais y croire
Ça me sidère, ce désir qui monte en moi
À la belle étoile
Quelques étoiles filantes
Et toi la bonne étoile
Autour de toutes ces figurantes
À la belle étoile
À la belle étoile
J'étais à des années lumières
De penser qu'un jour
Je pourrais lui plaire
Ça me sidère, ce désir qui monte en moi
À la belle étoile
Quelques étoiles fuyantes
Et toi la bonne étoile
Autour de toutes ces figurantes
Et toi la bonne étoile
Et toi la bonne étoile
Et toi la bonne étoile
Et toi la bonne étoile

Auteurs-compositeurs : Matthieu Chedid, Jerome Goldet.





"Le temps précieux de la maturité"

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"Le temps s'est écoulé comme une rivière, je ne l'ai pas vu passer !
J'ai compté mes années et j'ai découvert que j'ai moins de temps à vivre ici que je n'en ai  déjà vécu.
Je n'ai désormais pas le temps pour des réunions interminables, où on discute de statuts, de règles, de procédures et de règles internes, sachant qu'il n'en résultera rien...
Je n'ai pas le temps de supporter des gens absurdes qui, en dépit de leur âge, n'ont pas grandi.
Je n'ai pas le temps de négocier avec la médiocrité. Je ne veux pas être dans des réunions où les gens et leur ego défilent.
Les gens ne discutent pas du contenu, à peine des titres.
Mon temps est trop réduit pour discuter de titres.
Je veux vivre à côté de gens humains, très humains.
Qui savent sourire de leurs erreurs.
Qui ne se glorifient pas de victoires.
Qui défendent la dignité humaine et qui ne souhaitent qu'être du côté de la vérité et de l'honnêteté.
L'essentiel est ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue.
Je veux m'entourer de gens qui savent arriver au cœur des gens.
Les gens à qui les coups durs de la vie ont appris à grandir avec des caresses minces dans l'âme.
Oui... J'ai hâte... de vivre avec intensité, que seule la maturité peut me donner. (...)" 
 
Texte lu sur la toile
L'auteur en serait Mário Raul de Morais Andrade, poète, romancier et musicologue brésilien  (1893-1945)
 Photo : Marine Boyer
 
 
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