Le fruit que nous connaissons sous le nom de "kiwi", initialement appelé "groseille de Chine", est aussi le nom d'un oiseau emblématique de la Nouvelle-Zélande. L'oiseau (qui ne vole pas et vit au sol) a donné son nom au fruit en 1974, car la Nouvelle-Zélande était alors l'un des premiers producteurs de kiwis (fruits) au monde. Et pourquoi le kiwi est-il un emblème national du pays ? Voici une courte légende qui vous donnera la réponse...
"Autrefois, la forêt était sombre et silencieuse. Les grands
arbres étaient malades, car de petits insectes rongeaient leurs racines.
Tāne, le dieu de la forêt, regarda autour de lui et demanda :
— « Qui veut m’aider à protéger la forêt ? »
Les oiseaux se rassemblèrent. Ils regardèrent le sol noir
et humide.
— « Vivre là-dessous ? C’est trop sombre ! » dirent certains.
— « Nous voulons rester dans la lumière ! », dirent les autres.
Le petit kiwi s’avança doucement.
— « Moi, j’accepte, Tāne. Je marcherai sur la terre pour sauver les arbres.
»
Alors Tāne répondit :
— « Tu ne pourras plus voler, mais tu deviendras très important. »
Alors, le kiwi perdit ses ailes et ses plumes, qui étaient
colorées, devinrent brunes comme la terre.
Depuis ce jour, il vit au sol, sort la nuit et protège la forêt.
Tous les animaux le respectent et l’admirent pour sa générosité et son courage."
C'était un arbre majestueux. Il étalait ses branches au milieu de la jungle. Au
sommet, un oiseau avait fait son nid et bientôt des oisillons étaient
nés.
Un éléphant vint à passer. Il aimait bien se gratter le dos : il s'approcha de
l'arbre et se mit à se frotter vigoureusement contre le tronc. L'arbre entier remua
et craqua. Dans leur nid, les oisillons, terriblement secoués, furent pris de peur :
ils se blottirent près de leur maman.
« Ohé ! grand maître de la jungle, il y a
assez d'arbres autour de vous ! Ne secouez pas celui-ci. Mes petits enfants ont
peur. Ils peuvent tomber du nid et se briser les os. »
L'éléphant ne daigna pas
répondre. Il fixa l'oiseau de son œil minuscule, battit l'air de ses oreilles géantes
et s'en alla.
Le lendemain, il revint et se gratta de plus belle au tronc de l'arbre.
Les petits oiseaux effrayés se blottirent à nouveau contre l'aile maternelle. La
mère était très en colère.
« Je vous défends de secouer cet arbre, cria-t-elle, ou
je vous punirai !
- Toi, misérable créature de rien du tout ! tonna l'éléphant. Que
pourrais-tu contre un colosse de ma taille ? Si je voulais, je jetterais cet arbre à
bas, et ton nid en même temps! »
La mère oiseau ne répondit rien.
Le troisième
jour, l'éléphant revint se gratter contre le tronc de l'arbre.
Rapide comme l'éclair,
d'un seul coup d'aile, la mère entra dans son immense oreille. Une fois là, elle
le chatouilla et le griffa à coups de patte. L'éléphant avait beau secouer la tête,
rien n'y faisait. Alors il supplia l'oiseau de sortir.
« Moi aussi, je t'ai prié de ne
pas faire peur à mes petits », répondit la mère.
L'éléphant hurlait, brandissait sa
trompe, courait comme un fou à travers la jungle.
Enfin, complètement épuisé,
il s'écroula.
L'oiseau quitta alors l'oreille et retourna dans son nid, auprès de ses
enfants.
Et jamais plus l'éléphant ne revint en ce lieu pour se gratter le dos.
Dans de nombreuses cultures, la moustache est un critère de beauté et de virilité : plus elle est longue, fournie, soignée, plus un homme est admiré, recherché, puissant.
Mais saviez-vous qu'en Europe aussi, la moustache a été porteuse de codes symboliques et implicites jusqu'au début du 20e siècle, que ce soit entre catégories sociales ou entre peuples, (au moment de la colonisation) ?
Ne portait pas moustache qui veut, et la forme, l'importance, la taille de la moustache, n'étaient pas non plus anodines.
C'est grâce à une grève des limonadiers et garçons de café, en mai 1907, que les hommes ont obtenu le droit de tous porter moustache, indépendamment de leur origine sociale et de leur profession.
Si vous voulez tout savoir des enjeux politiques, militaires, culturels et même sexuels de la moustache en Europe, et comment cela se traduit par exemple dans le paysage littéraire français, je vous conseille de lire ce très instructif article consacré au sujet !
Photo : homme sikh, par Fabienne B.
Pour des raisons religieuses, culturelles et historiques, les Sikhs ne coupent ni leurs cheveux, ni leurs poils. Vous pouvez en apprendre plus sur eux ici .
Pour cet atelier, il fallait imaginer un texte d'après une image et un mot (en gras dans le texte) tirés au sort. Voir le contenu détaillé de l'atelier
Bravo aux 4e, 5e et 6e année de la classe de Joséphine Cutaia à l'école Montessori de Strassen (Luxembourg), et merci à Fabienne B. pour ses photos !

« La
fête des épices », par Dunja
Les femmes du village
s’étaient réunies devant un temple pour
préparer Holi, la fête des couleurs, qu’on célèbre chaque année au printemps. On jette partout des poudres de couleur : le vert pour
l'harmonie, l'orange pour l'optimisme, le bleu pour
la vitalité, le rouge pour la joie et l'amour. Il faut des épices pour préparer ces poudres colorées,
alors les femmes sont allées en chercher. Mais quand elles sont arrivées au
marché, elles ont eu un choc : un troupeau d’éléphants était survenu en
courant et ils avaient aspiré toutes les épices ! Tout le monde était
inquiet et se demandait quoi faire. Comment pourraient-ils fêter Holi sans
épices colorées ? Soudain, les femmes ont eu une idée : elles sont
allées chercher des plumes et elles ont chatouillé la trompe des éléphants. Les
animaux, très chatouilleux, ont commencé à éternuer et… ils ont recraché les
précieuses épices ! « Bravo ! », s’est réjoui tout le
monde. Ils pouvaient enfin fêter Holi. Tous les villageois étaient heureux. Même les éléphants, car ils n’ont pas été punis !
Morale : une petite idée peut venir à bout d’une
grande catastrophe !

« La
maison hantée », par Jack
Il était une fois
un homme très pauvre. Un jour, il passa devant une magnifique maison en
pierre rouge. Sa porte était ouverte, mais personne n’y entrait jamais, car
on disait qu’elle était hantée. L’homme avait peur, mais il pensa qu’il devait
absolument y aller parce qu’il avait faim. Dans cette riche demeure, il trouverait
sûrement de quoi manger ! Il poussa la porte en tremblant. « Na… namasté !,
murmura-t-il en claquant des dents. Il y a quelqu’un ?... ». Oui, il
y avait quelqu’un : la première
chose qu’il trouva, ce furent des mygales et des serpents ! Il était mort
de peur. Soudain, face à lui, il aperçut une ombre terrifiante. Mais en fait…
c’était seulement la sienne !!
Morale : Il ne
faut pas croire tout ce que raconte l’imagination : ni celle des autres,
ni la sienne !

« L’éléphant indomptable », par Manuel
Il était une fois, dans un village de l’Inde, un
éléphant. Mais cet éléphant n’était pas comme les autres : il était
très féroce et difficile à calmer. Les habitants en avaient tous très peur. Le
chef du pays avait même promis une prime à celui qui pourrait le faire tenir
tranquille : en récompense, il recevrait beaucoup d’argent ! La prime
attirait beaucoup de monde, mais personne n’avait encore réussi pour le moment.
Alors, un professeur spécialiste du dressage d’éléphants décida de recruter des
enfants qui voulaient tenter leur chance. Après avoir réuni les volontaires, il
leur apprit tout ce qu’il savait. Quand les élèves furent prêts, ils
décidèrent d’essayer tous ensemble de calmer l’éléphant. Après une semaine
d’efforts, ils avaient réussi ! Les enfants se partagèrent la récompense
et tout le village fut heureux… l’éléphant aussi.
Morale : Là où un fort échoue, plusieurs
petits malins peuvent réussir !

« Le secret du Taj Mahal », par Joé
On entendait, dans la ville d’Agra, une terrible
nouvelle : il y aurait une bombe sous le Taj Mahal ! Un homme qui
se faisait appeler « Octopus » voulait aller la désamorcer. Mais pour
cela, il fallait qu’il la trouve… Il la chercha pendant plus de six heures. Il
finit par la trouver et partit en pensant qu’il avait réussi. Il rentra chez
lui à 35 km de là. Malheureusement, il s’était trompé : la bombe explosa,
faisant de nombreux morts. Ainsi disparut l’un des plus beaux monuments de
l’Inde.
Morale : une petite erreur peut causer une grande
catastrophe !
« Le temple du Tigre », par
Elliott
Il y a très
longtemps vivait un tigre. Un temple lui appartenait. Mais un
jour, des chasseurs voulurent l’attraper ! Ils lui tirèrent dessus. Le
tigre courut pour sauver sa vie. Il essaya de trouver son maître, qui vivait de
l’autre côté du temple, afin qu’il dise aux chasseurs qu’il était un tigre sans
danger pour les humains. Enfin, il le trouva. Le maître l’aida en expliquant aux
chasseurs que le tigre était apprivoisé. Les chasseurs partirent et le tigre
fut sauvé !
Morale :
Même dans une situation désespérée, il faut garder espoir !

« Le meurtre de la vache sacrée », par
Sebastian
Une vache vit paisiblement dans la ville de New
Delhi. Mais un matin, la vache est trouvée morte ! Un policier décide
de la venger. Pendant deux mois, il voyage dans tout le pays sans pouvoir
trouver le coupable. Un jour, alors qu’il est en train de revenir au
commissariat, il croise quelqu’un avec un T-shirt qui porte
l’inscription : « A mort les vaches sacrées ! ». Le
policier veut l’interroger, mais l’inconnu s’enfuit. Ce que le policier ne sait
pas, c’est que cet homme n’est qu’un complice du vrai coupable, qui essaie de
le mettre sur une fausse piste ! Comme le policier ne sait pas où chercher,
il demande à tous ses collègues de New Delhi de l’aider à retrouver le coupable
du meurtre. Un jour, l’un d’eux finit par trouver la base secrète des assassins
de vaches sacrées. Ils sont arrêtés, jugés et envoyés en prison jusqu’à la fin
de leur vie. A New Delhi, les vaches et les hommes vivent de nouveau en paix !
Morale : Faire une vacherie à une vache sacrée ,
c’est risqué !

« Le sari ensorcelé », par Emilien
Des femmes en sari vont au puits, quand tout à coup, elles voient une femme en
sari noir. Cette femme en noir touche toutes les autres, et aussitôt,
elles se retrouvent de l’autre côté du monde : en Colombie ! Elles
doivent faire un très long voyage pour rentrer en Inde et se font arrêter en
chemin car elles n’ont pas de papiers. Une fois sorties de prison et revenues
chez elles avec l’aide de leur famille, elles se promettent de retrouver la
femme en noir et de se venger. On ne sait pas si la maléfique Indienne
en sari noir est encore en liberté !
Morale : Si les chats noirs portent malheur, les saris noirs aussi !

« L’éléphant héros du Rajasthan », par Ingrid
Il était une fois, au Rajasthan, un éléphant que l’on
chassait. Un jour, il se promenait dans la forêt, caché parmi les arbres. Il cherchait
un endroit pour se reposer quand il entendit des cris. Il se précipita vers la
source du son. Dans une maison proche de la forêt, il vit alors une jeune fille
en danger : son balcon s’était cassé et elle se balançait au-dessus
du vide. Elle ne tiendrait pas longtemps ! L’éléphant courut vers elle et
la rattrapa avec sa trompe au moment où elle allait tomber.
« Ouf !, lui dit la jeune fille, merci beaucoup
de m’avoir sauvée. Je m’appelle Pria, et toi ?
-Je m’appelle Norbert », répondit l’éléphant (qui,
en plus d’être héroïque, savait parler.)
Depuis ce jour, plus personne ne chasse Norbert : il
est devenu une curiosité de la ville et tous les touristes veulent le
rencontrer ! Quand il a besoin d’être tranquille, Pria le cache dans son
grand jardin.
Morale : Le plus détesté peut devenir le plus
aimé !

« Le jasmin qui aimait la musique », par Octave
Un musicien jouait de la musique pour un jasmin.
Tous deux étaient heureux. Mais un jour, le musicien ne vint pas : il
s’était perdu en ville. Le jasmin était très triste. Puis il eut une
idée : il répandit son parfum dans toute la ville. Guidé par la
merveilleuse odeur, le musicien retrouva son chemin. Ensuite, il construisit sa
maison à côté du jasmin.
Morale : Rien ne peut séparer de vrais amis.
Notre thème du mois avec la Classe Bleue à l'école Montessori de Strassen (Luxembourg) est l'Inde.
A mon arrivée, j'explique aux enfants que nous allons jouer aux
détectives. Pour cela, chacun aura deux loupes, qui permettent de trouver des
indices différents.
-la loupe du schéma narratif : aide à trouver les étapes du récit,
l'ordre des actions.
-la loupe du schéma actantiel : aide à comprendre les relations entre
les personnages (qui aide ou combat qui, qui est le héros, qui l'envoie en
mission, à qui profite l'action...?)
Ensemble, nous passons à la loupe, (enfin, aux deux loupes !), deux
contes indiens : "Les oies et la tortue", puis "Le sage éléphant
et les fourmis".
Au passage, une petite parenthèse culturelle : en quoi les contes
indiens ressemblent-ils aux Fables de Jean de la Fontaine ? En quoi sont-ils
différents?
Ensuite, chaque enfant tire au sort un mot et une image typiques de
l'Inde (que nous expliquons au besoin). Merci à Fabienne B. qui nous a prêté
ses photos de voyage au Rajasthan pour notre activité !
A l'aide du mot et de l'image tirés au sort, chacun propose un titre qui
donne envie de lire la suite. Les auditeurs peuvent proposer des améliorations
ou des idées différentes.
Une fois son titre choisi, chaque élève écrit le schéma narratif et le
schéma actantiel de l'histoire qu'il imagine. Enfin, il la rédige.
Pour lire les créations des enfants, c'est par ici !
Voici quelques mots que nous n'avons pas utilisés et qui pourraient inspirer d'autres textes si le thème vous inspire : bindi, rickshaw, macaque, pagri, maharajah, curry, gulal, safran, curcuma, dal, naan, cardamome, gingembre...
